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CRITIQUE TOME III…

LES MONTAGNES DE LA LUNE

Alors que le deuxième tome promettait déjà un bel avenir pour la série québécoise Sionrah, la suite, Les montagnes de la Lune, confirme cette prédiction avec une force et une précision indéniable. Pour ce roman, Line Bordeleau fait éclater encore plus son récit pour transporter le lecteur dans la complexité du monde qu’elle a pris le temps de mieux présenter dans le deuxième tome. Plus court, ce livre est bien mieux rythmé, plus intense et très adroit narrativement. C’est maintenant chose officielle et assumée : cette série fera l’office de classique avec l’aide d’une visibilité adéquate.

Alors que le tome deux était à cheval entre deux récits bien distincts, situés à deux endroits très éloignés dans l’espace, le troisième tome assume encore plus sa dimension mondiale et fait beaucoup voyager le lecteur. L’Afrique est le théâtre d’opérations principal pour le livre, mais le Québec n’est pas abandonné pour autant. Le lecteur a aussi droit au voyage particulier d’un américain qui tente de se rendre illégalement au Canada. Je le répète : c’est pour le mieux que cette série a pris une dimension aussi épique. Les éléments fantasy et reliés à la science-fiction ne peuvent que bénéficier de cette pluralité de points de vue. Aller chercher un des enfants de la treizième prophétie dans le cœur de l’antre du mal est en soi une audace scénaristique, mais Line Bordeleau relève le défi haut la main.

Par moments, on se demande pourquoi tout est si facile pour les protagonistes, mais la misère, la difficulté et les pertes irréparables ne tardent pas à se montrer en quantité industrielle. Chaque personnage est blessé d’une manière ou d’une autre dans les pages de cette histoire. Le petit côté naïf du premier tome a complètement disparu dans Les Montagnes de la Lune. Le lecteur a affaire à une histoire complexe, bien présentée et qui nous laisse adroitement sur notre faim.

Pour ce troisième opus, nous comprenons encore mieux comment fonctionnent les forces en présence dans l’univers de Sionrah. Les deux jeunes femmes sont maintenant loin d’être les seules actrices dans le sauvetage du monde connu et libre. Les alliés se font de plus en plus nombreux (tout comme les ennemis) et apportent un côté plus réaliste à ce grand combat entre le bien et le mal. J’apprécie beaucoup plus les deux personnages principaux depuis que je les sais vulnérables et dépendantes d’autres acteurs plus qualifiés pour les aider dans certaines parties de leur quête.

Alors que des journalistes tentent de montrer au monde vers quelle perte ils courent, le gouvernement continue d’agir en tant que pantin des forces du mal. À un autre endroit, un personnage fait une rencontre qui le rend profondément suspicieux. Pendant ce temps, d’autres personnages se retrouvent au Congo pour tenter d’aider Leyla et Mégane qui sont à la recherche de Kireg. La fin du récit est puissante et captivante. Un retour en Anwinn est même de mise ! Je voulais simplement vous donner un aperçu de tout ce qui se passe en même temps dans ce roman. Line Bordeleau commence à maitriser son récit et cela transparaît dans chaque nouveau point de vue et chaque nouvelle situation. Je suis maintenant abonné à Sionrah, j’attends la suite avec une impatience avide!

Jérémie Bernard,

Tiré du site : JERSTERMIND